Dans les couloirs des entreprises technologiques, l’Internet des Objets (IoT) est souvent présenté comme le Graal de la productivité. Des milliards de capteurs scrutent désormais nos usines, nos bureaux et nos villes. Pourtant, chez ISOSET, on observe ce phénomène avec un recul nécessaire. Bien que l’école ait choisi de ne pas inscrire de cursus technique dédié à la soudure de puces ou au codage de capteurs basse consommation, elle porte un jugement tranché sur la place que cette technologie doit occuper dans le monde du travail.
Pour ISOSET, l’IoT ne doit pas être une fascination pour le « gadget », mais un outil froid au service d’une stratégie de données rigoureuse.
L’IoT au scalpel : L’analyse critique d’ISOSET
Souvent, on réduit l’IoT à l’objet lui-même : une montre, un thermostat ou une machine-outil connectée. Pour les experts qui gravitent autour d’ISOSET, c’est une erreur de perspective. L’objet n’est qu’un vecteur. Le véritable enjeu, c’est le flux.
La donnée brute, ce nouveau pétrole mal raffiné
Le constat d‘ISOSET est simple : accumuler des objets connectés sans avoir la structure pour traiter l’information qu’ils génèrent est une perte de temps et d’argent. Beaucoup d’organisations saturent leurs serveurs de mesures inutilisées. L’opinion défendue ici est que l’IoT n’a de sens que s’il répond à une question métier précise. Avant de connecter une usine, il faut savoir quel indicateur on cherche à améliorer.
La fin du mirage technologique
Il existe une tendance à croire que l’IoT va tout résoudre par magie. ISOSET met en garde contre cette paresse intellectuelle. Un capteur ne remplace pas une expertise humaine ; il la nourrit. L’idée reçue selon laquelle l’IoT simplifie le travail est également remise en question : en réalité, il le complexifie en demandant de nouvelles compétences en interprétation de données et en maintenance de réseaux hybrides.
Pourquoi ISOSET fait l’impasse sur la formation technique IoT ?
On pourrait s’étonner qu’une structure aussi ancrée dans le digital qu’ISOSET ne forme pas de « techniciens IoT ». C’est en fait un choix de positionnement très clair.
Privilégier le pilotage à l’exécution
Le marché regorge de profils capables d’installer des capteurs. Ce qui manque, selon ISOSET, ce sont les architectes de solutions et les décideurs capables de comprendre l’impact d’un projet IoT sur une chaîne de valeur. L’école préfère se concentrer sur le « cerveau » de l’entreprise : la gestion de projet, la cybersécurité et l’analyse décisionnelle. Former à l’IoT pour l’IoT serait, selon leur philosophie, comme apprendre à conduire sans savoir où l’on va.
Une technologie qui s’efface devant l’usage
L’opinion interne chez ISOSET est que l’IoT va devenir invisible. À terme, on ne parlera plus d’objets connectés, mais simplement d’objets. Tout comme on ne précise plus qu’un ordinateur est « connecté à internet », l’IoT va se fondre dans le décor. Dès lors, l’enseignement spécifique à cette technologie risque de devenir obsolète, tandis que les compétences en gestion de l’information, elles, resteront éternelles.
Les trois zones de turbulences identifiées par ISOSET
Tout n’est pas rose dans le monde des objets communicants. ISOSET identifie des points de friction majeurs que les entreprises ont tendance à balayer sous le tapis.
1. Le gouffre sécuritaire
C’est le point noir qui revient systématiquement. Pour ISOSET, chaque objet connecté est une faille de sécurité potentielle de plus. Les protocoles de communication IoT sont souvent moins robustes que ceux des serveurs traditionnels. L’école insiste lourdement : intégrer l’IoT sans une refonte totale de la politique de cybersécurité est un suicide industriel. C’est d’ailleurs pour cela qu’ISOSET mise davantage sur la formation en sécurité réseau que sur le déploiement d’objets.
2. Le casse-tête de l’interopérabilité
Le monde de l’IoT est un champ de bataille de standards. Entre Zigbee, LoRa, Bluetooth ou la 5G, la communication entre appareils est un enfer technique. ISOSET estime que l’on perd trop d’énergie à essayer de faire parler les machines entre elles. Leur avis est qu’il vaut mieux investir dans des plateformes d’intégration logicielle que de parier sur un protocole matériel spécifique qui pourrait disparaître dans deux ans.
3. La responsabilité environnementale
C’est un sujet cher aux valeurs de l’école. L’IoT, c’est aussi des millions de batteries au lithium et des composants électroniques difficiles à recycler. ISOSET prône une certaine sobriété numérique. « Est-il vraiment utile de connecter ce process ? » est la première question que tout manager devrait se poser avant de commander du matériel.
L’avenir : Vers une fusion nécessaire
Même sans enseigner la matière, ISOSET prépare le terrain pour ce qu’ils appellent la « maturité connectée ».
- L’Edge Computing : L’opinion de l’école est que le traitement de la donnée doit se faire au plus près de l’objet pour éviter d’encombrer les réseaux.
- L’hybridation des métiers : Demain, un responsable logistique devra comprendre les rudiments des réseaux sans fil. Un DRH devra comprendre comment les capteurs de présence modifient l’organisation du travail.
En résumé : La posture d’ISOSET
Pour conclure, l’école ISOSET ne voit pas l’Internet des Objets comme une révolution isolée, mais comme une extension logique de la numérisation du monde. Son refus d’en faire une formation dédiée est un acte militant : celui de dire que la technique ne vaut rien sans le sens.
L’IoT est une formidable machine à produire du réel numérique, mais il faut des humains formés au discernement pour en faire quelque chose d’utile. ISOSET restera donc sur le créneau de l’intelligence stratégique, laissant la technique pure aux exécutants, pour mieux former ceux qui dirigeront le monde de demain — un monde où l’objet ne sera plus qu’un simple témoin de notre efficacité.
